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LOUISE JALBERT

louise jalbert feng shui

Une artiste peintre de chez nous...

Louise Jalbert

 
AOÛT
 
 
 
COMMENT FAIRE CIRCULER L'ÉNERGIE DANS UN DESSIN ?
 
C’est une bonne question à se poser sur un site de Feng Shui !
 
Quand on dessine d’après nature, il y a le sujet que l’on veut représenter, mais il y aussi la vie qui anime ce sujet, l’énergie qui circule en lui. C’est beaucoup plus important de communiquer cette énergie que de cerner fidèlement le contour des formes. Comme le faisaient, et le font encore les peintres traditionnels chinois, il faut tenter de représenter le li, l’essence intérieure des choses. Je dis bien tenter !
 
Pour ce faire, il s’agit de laisser respirer le trait, que celui-ci ne soit pas toujours fermé, et qu’il suive le mouvement intérieur du sujet, davantage que sa forme extérieure. Li se traduit par « ligne interne ».Ça peut vous sembler chinois, mais en fait, ce n’est pas si difficile que ça. Il s’agit de changer la façon d’observer, et de prendre aussi le temps de…respirer et de sentir. Car dessiner, c’est observer, ressentir et se laisser guider par ce qu’on a sous les yeux.
 
Devant un arbre par exemple, l’artiste doit prendre le temps de se mettre en relation avec cet arbre, de considérer le mouvement de son tronc, ses branches, son feuillage. Il (ou elle !) peut s’imaginer comment monte la sève des racines aux feuilles, observer quel mouvement les branches font avec le vent. Tout cela nourrit le regard, et la main peut ensuite transmettre cette énergie sans trop y penser.
 
Un dessin dont les proportions ne sont pas tout à fait exactes, mais qui suggère la vie sera beaucoup plus attachant qu’un dessin exécuté avec une minutie trop pointilleuse, uniquement soucieux de la forme extérieure. C’est un point à se rappeler, surtout quand on commence à dessiner, et qu’on est très inquiet de ne pas « faire un beau dessin ».
 
Sur le papier, l’artiste peut jouer avec le rapport blanc et noir, vide et plein. Le blanc du papier est le vide, et les traits sont le plein. De beaucoup de traits noirs à quelques petits traits sur un fond blanc, de larges traits à des lignes fines, il y a toute une gamme de possibilités pour occuper l’espace vide du papier, ou pour lui laisser de la place, dans des rythmes différents, et c’est cette variété qui donne de la vie à un dessin.
 
La prochaine fois que vous regardez un dessin, que ce soit sur internet, dans un livre, une galerie ou un musée, amusez vous à regarder comment l’artiste a procédé : comment il a occupé l’espace de la feuille, quels traits il a utilisé, et ce que vous ressentez devant ce dessin. Quelle est l’énergie qui s’en dégage ? Vous y verrez beaucoup plus qu’un simple dessin !
 
Tentez l’expérience et faites-moi part de vos questions ou commentaires.
 
Je vous invite à visiter mon tout nouveau site web : www.louisejalbert.com
 
 

JUILLET

 

AVEC LE TEMPS, L'ART DU FENG SHUI DEVIENT UNE SECONDE NATURE

 
Le Feng-Shui est un art ancien d’origine chinoise, et pourtant, il trouve son application ici, dans notre Québec contemporain. Ce n’est pas une simple importation exotique, c’est un art de vivre aux dimensions subtiles, profondes et fécondes. Subtiles, parce qu’il s’agit d’ énergies fines, à peine perceptibles au début ; profondes, parce que ces énergies nous affectent, et fécondes, parce que les résultats obtenus ne cessent de générer des bienfaits, cumulatifs dans le temps.
 
Je suis curieuse et j’aime apprendre ; c’est ce qui m’a mené au Feng-Shui. S’il n’était qu’une mode ou une tendance superficielle, je m’en serais vite lassée. Mais au contraire, plus j’apprends sur cet art et l’intègre dans ma vie, plus j’apprécie ses richesses. Utilisant à peu près la même approche que dans ma pratique artistique, j’ai progressé dans mon appréciation du Feng-Shui de façon empirique, avec un esprit d’exploration, posant un pied devant l’autre, en constatant les résultats. Chaque intervention de maître David Tan chez moi a généré un mieux-être, et m’a permis d’apprendre un peu plus à chaque fois ce qu’est le Feng-Shui. En me familiarisant avec cette pratique, j’y développe ma propre perception des énergies subtiles qui nous entourent et une meilleure compréhension de la symbolique des objets.
 
Bien que mes connaissances soient encore modestes, plus je progresse et plus je comprends qu’il s’agit de bien plus qu’une répartition des énergies dans un espace ; il s’agit aussi d’une ouverture de conscience, d’une sensibilisation à mon environnement physique, humain et à mon état intérieur: il y a là matière pour une pratique de toute une vie !
 
C’est un peu comme lorsqu’on s’initie à l’art, ou aux vins. Au début, nos sens ne sont pas très développés, on ne voit pas beaucoup de différence entre les œuvres ou les vins, et le vocabulaire recherché des spécialistes nous semble même un peu exagéré. Mais avec le temps, les expériences, les dégustations, on affine nos sensations et ce qui semblait uniforme et étroit, devient multidimensionnel et très vaste. Ainsi en est-il pour le Feng-Shui : l’aménagement de l’espace et les objets choisis prennent une plus grande signification qui va bien au-delà de la décoration ; le résultat n’est pas que visuel, il est vivant. Cette plante dans le secteur santé représente ma propre santé et celle de ma famille, la tortue sur mon bureau m’inspire calme et détermination dans ma carrière. Avec le temps et l’expérience, il me semble maintenant essentiel de vivre en respectant les principes du Feng-Shui; l’aménagement de mon environnement prend un tout autre dimension, et cela devient une évidence, comme une seconde nature.
 
 

JUIN
 
 
 
FONTAINE, JE BOIRAI DE TON EAU 
 
Tout comme j’apprécie la visite de M. Tan pour une révision de Feng-Shui dans ma maison, j’aime bien aussi périodiquement faire le tour de mon travail d’artiste pour revoir ce qui serait bien d’améliorer, de changer, et surtout de préciser. Ce n’est pas exclusif à mon métier évidemment, mais je vais parler ici de ce que je connais.
 
J’ai sans doute développé cette habitude par la force des choses, car le fait de m’exprimer par le crayon ou le pinceau, et par la plume aussi quand j’écris, agit comme un miroir en me faisant prendre conscience de ce que je choisis de représenter, comment et pourquoi.
 
Si je veux bien cerner ce que je veux dire ou peindre, je dois d’abord y réfléchir. Ç’est un bon exercice de définition, tant du travail que de soi, exercice qui n’est jamais vraiment terminé puisque je suis toujours en évolution : j’explore, j’invente, je développe et donc je choisis constamment. Créer, c’est choisir. Alors autant le faire consciemment.
 
Un bon outil pour ce faire est le texte de démarche artistique. Ce court texte fait partie de tout dossier d’artiste, soit pour soumettre un projet d’exposition, soit pour présenter son œuvre. Cela permet au jury, au galeriste ou au public de saisir en quelques paragraphes le propos de l’artiste : ce qu’il fait, pourquoi et comment.
 
Facile, me direz-vous ? Eh bien pas du tout ! Beaucoup d’artistes en arts visuels peinent à écrire ce texte, et pour cause. Notre domaine est celui des images, pas des mots ! J’avoue que j’écris toujours le mien avec bien des soupirs… Mais le résultat en vaut la peine, parce que réduire à quelques phrases concises un travail de plusieurs mois, parfois même quelques années permet d’en dégager l’essentiel avec une grande précision.
 
D’où l’exercice de faire le tour de mon travail. Cela ressemble à une révision de Feng-Shui, parce qu’il y a les mêmes étapes de revisiter, d’évaluer et de se débarrasser de l’inutile ou du superflu afin de permettre à l’indispensable de prendre place.
 
Ce faisant, j’approfondis les pensées, les intentions, et les actions qui vont soutenir mes buts. Finalement, je peux intégrer de nouveaux éléments qui me seront bénéfiques, comme par exemple de nouveaux défis, ou de nouvelles habitudes. Je gagne à chaque fois beaucoup de clarté et de détermination, et le résultat est une vision beaucoup plus précise.
 
Ainsi dégagée, l’énergie circule plus librement dans ma tête, et donc dans mes actions ; elle peut mieux servir mes aspirations, tout comme le Chi quand il circule bien dans une maison.
 
Je comprends maintenant pourquoi M. Tan m’a suggéré de mettre une fontaine dans mon atelier et dans mon bureau. En Feng-Shui, l’eau canalise l’énergie vitale et symbolise la prospérité. Elle doit circuler librement, être limpide et couler dans un mouvement libre et continu. C’est donc une douce inspiration que ma fontaine, qui me rappelle de garder le flot de mes gestes clair et fluide!
 

 
MAI
 
 
 
 
LES EFFETS D'UNE PETITE RÉVISION FENG SHUI
 
« Dès lors que nous considérons chaque domaine comme un temple, comme un lieu où découvrir le sacré, nous pouvons emporter notre pratique spirituelle dans la rue, dans notre communauté. »* …et bien sur dans notre maison.
 
Le mois dernier, j’ai demandé à M.Tan de venir chez moi faire un petite révision de Feng-Shui : depuis déjà plus de deux ans que je suis installée dans cette maison, il s’est passé beaucoup de choses dans ma vie. Je ressentais que l’énergie de la maison avait changé, et s’était peut-être un peu débalancée.
 
Ne serait-ce que par la prise de conscience, cette révision a tout de suite changé l’énergie. Oups ! Des plantes malades dans la zone de santé, une seule lampe dans la zone de l’amour, une scène d’hiver dans la zone de la carrière…ce n’est pas de bon augure du tout !
 
Voilà comment un regard objectif et compétent, celui de M. Tan, peut venir éclairer ma lanterne. Que ce soit dans mon décor ou mon esprit, c’est si facile de s’habituer et ne plus voir ce qui est nuisible pour moi ou mon entourage. C’est une bonne initiative que de revisiter mon décor, revoir ce que j’ai décidé de placer à tel endroit, et pourquoi. J’aime beaucoup cet exercice, parce qu’il me fait faire aussi une mise au point de ma vie : autrement dit, du ménage. Du ménage d’intention, de vision, et d’application, par cette simple pratique de Feng-Shui.
 
Et les effets sont immédiats : D’abord, parce que je le ressens, exactement comme lorsqu’on fait le ménage d’une pièce, d’une auto ou d’un garde-robe : ça fait du bien, je me sens plus légère, l’énergie circule ! Ensuite, par cette nouvelle disposition, je vois plus clair dans mes intentions, et ce que je dois faire pour les manifester. Ce sont des choses toutes simples, et souvent les plus puissantes : tout comme je vais remplacer une plante malade par une plante en santé, ajouter une lampe deuxième dans ma chambre, je peux aussi revoir l’accrochage des photos et des tableaux sur les murs.
 
Chez moi, les tableaux ont double emploi. D’abord, ils apportent leur présence et leur vie dans une pièce ; et puis comme la peinture est mon métier, les côtoyer dans mon décor me fait poursuivre la réflexion dans un autre contexte que celui de l’atelier. C’est parfois du coin de l’œil en rentrant chez moi, d’autres fois plus attentivement en prenant une tasse de thé. Je reçois aussi les commentaires de visiteurs, souvent spontanés et toujours intéressants.
 
Eh Bien ! Moi qui parle souvent de l’énergie que dégage un tableau, de sa présence, je n’avais pas perçu que l’un d’eux, que j’aime beaucoup, auquel j’avoue être attachée, me gardait dans une énergie lourde et passée. Cette œuvre me tient à coeur parce qu’au moment où je l’ai faite, j’avais du mal à me définir, à me donner le temps et les moyens de m’accomplir, et le fait de réussir ce tableau a été pour moi un acte de courage ; il est à la fois le témoin et le résultat de ces efforts. Depuis, j’ai fais un bout de chemin, et mon rapport avec mon métier s’est allégé ; même si j’ai toujours plus à apprendre et à maîtriser, j’ai maintenant beaucoup plus d’assurance et de plaisir dans ma pratique.
 
J’ai donc remplacé ce tableau par un autre qui était dans le placard et que je n’arrivais pas à approuver ; en fait il est aussi très personnel, mais plus spontané et léger : comme un aspect de moi qui me faisais sentir vulnérable et que j’avais peur de laisser sortir. Et ce, sur le mur Sud-Ouest, donc de l’amour et des communications !
 
Quand on fait ce genre de prise de conscience, on dirait que l’univers nous donne une petite tape dans le dos ensuite. Le lendemain, j’ai reçu une offre inattendue pour un contrat, des amis sont venus à l’improviste et nous avons passé un très agréable dimanche ensemble ; j’ai aussi reçu d’excellents commentaires sur mon travail. Comme quoi, une petite révision de Feng-Shui, en aidant le Chi à mieux circuler, nous est toujours bénéfique. Cela peut faire partie d’une pratique spirituelle au quotidien, dans l’esprit de la citation de Jack Kornfield ci-haut.
 
*Citation de Jack Kornfield, Extrait du livre d’Olivier et Danielle Föllmi, « Offrandes, 365 Pensées de maîtres bouddhistes » Éditions La Martinière.
 

 
AVRIL
 
 
 
 
 
 
L'ARTISTE ET SA MUSE
 
Beaucoup de gens pensent que la vie d’artiste est une vie de bohème, où je vais au gré de ma fantaisie, attendant l’inspiration et ne créant que des œuvres réussies (du premier coup) dans la facilité et l’assurance. Et comme dirait Madonna : « Et c’est exactement ça ! »
 
Et en effet, c’est exactement ça…mais pas à tous les jours.
 
En fait, ces moments magiques sont le fruit d’une préparation et d’un effort fournis pendant une période un peu plus ingrate, avant que ne jaillisse le résultat. Un peu comme le travail de germination qui se fait sous la terre pendant l’hiver, alors qu’on a l’impression que tout est mort dans la nature.
 
Dans mon processus de création, cette germination est souvent assez longue et difficile, exactement comme l’hiver !!! J’ai des idées, mais elles sont vagues. Je n’ai pas de direction claire. Je vais dans mon atelier, et je travaille, mais rien de vraiment bon ne prend forme. Je ressens même une certaine lourdeur. Je réfléchis, j’essaie autre chose, une autre technique, une autre approche. Je sors, je vois des expositions, je vais à des concerts, je lis, je vais marcher dehors, tout ce qui habituellement m’inspire et toujours rien. Ou plutôt, oui, quelques petites choses…mais rien de bien emballant encore.
 
Et là, la tentation est bien grande de me juger finie, dépassée, trop vieille, pas assez mature, et j’en passe. Pour reprendre mon allégorie de nature, j’aurais envie de sortir dans mon jardin et tirer sur les tulipes pour qu’elles poussent plus vite ! Dans cet état d’esprit, je peux m’enfoncer très vite dans la peur, et l’insécurité, (chemins oh ! combien parcourus!). Car je ne sais rien de ce qui m’attend. Je ne sais pas quand je vais enfin trouver, je ne sais pas quoi et je ne sais pas comment non plus. L’inspiration ne semble pas au rendez-vous, et je suis sur le bord du découragement.
 
Pourtant elle est là, ma muse, C’est moi qui suis trop occupée à m’angoisser pour la voir. J’imagine qu’elle (ou il, pourquoi pas, ça pourrait être un beau jeune homme…) a une patience d’ange et me suggère en riant: ne cherche pas, fais. Ne pousse pas, attend. Autrement dit, quand tu ne sais pas quoi peindre, peinds. Peinds ce qui vient maintenant, et qui n’est peut-être pas encore ce que tu as en tête. Fais confiance au processus : retourne la terre, prépare ton jardin. Très frustrant pour quelqu’un comme moi qui aime être efficace et productive. Comme nous tous, en fait, n’est-ce pas ?
 
Et pourtant, quand je persiste à m’imposer une production qui n’est pas mure encore, ça devient lourd, difficile, contraint et forcé. Et ma muse ( ou ce beau jeune homme) se tait…
 
Il y a dans le processus de création, en tout cas le mien, un moment où il faut savoir être patient, ce qui ne veut pas dire absent. Patient avec mes limites quand je ne maîtrise pas encore une technique ou que mon idée n’est pas encore assez définie. Il y a aussi un élément de réceptivité qui est important. Dans l’effort, savoir garder un certain équilibre entre action et attente, sinon la source se tarit. Je dois à la fois être disponible, prête, au poste, et ne pas imposer par mon impatience des actions qui ne sont pas appropriées et même nuisibles parce que prématurées. Et c’est pourquoi une partie de mon travail consiste à être disciplinée, travaillante et l’autre à savoir attendre et recevoir.
 
Alors, au bon moment, après multiples essais et erreurs, tout d’un coup, j’ai une œuvre qui se met en place, et qui en génère d’autres. Comme si tous les petits gestes accomplis au gré des jours se concrétisaient en une forme. À ce moment là, oui, je vais au gré de ma fantaisie et tout jaillit plus facilement, magiquement, comme la nature au printemps et là, c’est exactement ça!
 
 
 

MARS
 
 
 
 
Le travail d’un artiste est un travail solitaire, et pour éviter de tourner en rond, j’aime fréquenter mes collègues et me tenir en contact avec l’art actuel. Mais la réflexion et le travail se font tout de même en grande partie dans la solitude, et cette solitude fait que la lecture et l’écriture y tiennent une grande place, en tout cas pour moi.
 
Dans mon atelier, j’ai plusieurs livres qui m’accompagnent dans ce processus, certains récents, d’autres depuis belle lurette. L’un d’eux s’intitule : « Vide et plein, le langage pictural chinois », de François Cheng.*, et il figure parmi mes favoris. Peut-être parce qu’il est écrit avec finesse et poésie, peut-être aussi parce qu’en une centaine de pages, l’auteur réussit le tour de force de présenter une étude globale et sémantique de la pensée esthétique chinoise dans une langue accessible. C’est surtout, je crois, parce que François Cheng amène le lecteur au coeur même de la peinture chinoise, et nous met en contact à la fois avec sa spécificité et son universalité.
 
Parcourir ce livre est pour moi un voyage en territoire étranger, et pourtant familier puisqu’il s’agit de peinture. C’est aller à la rencontre d’une autre tradition picturale, en apprécier les différences, mais c’est toujours avec émerveillement que je viens y abreuver mon esprit en faisant la rencontre de peintres qui ont vécu ailleurs, il y a longtemps, et qui ont su mener leur art à un très haut niveau.
 
C’est par cet ouvrage que j’ai été initiée au langage pictural chinois et à la notion du Vide, dont je vous entretenais le mois dernier. À la fois subtile et si importante, fondamentale dans l’art chinois, elle vaut qu’on s’y attarde encore un peu. Comment se manifeste le vide dans un tableau? D’abord par la non-présence qui précède toute création, et par le vide que le peintre crée dans son esprit avant même de commencer à peindre. Ensuite, nous l’avons vu, par le vide sur le tableau avant le premier coup de pinceau, et celui qui reste entre les traits de pinceau, définit par eux.
 
Quand on pense dessin ou peinture, on imagine tout de suite un espace rempli de lignes ou de couleur. On ne pense pas au vide entre les signes (du moins pas toujours immédiatement), et on n’imagine pas non plus qu’il ait un rôle aussi actif. Mais il est là, même dans un tableau très chargé. Il est entre les taches de couleur et les traits de pinceau. Voyez comme le vide, cet espace entre les taches de couleur, s’anime par la présence même des taches, et anime lui-même les taches. Le vide peut-être présent jusque dans les traits de pinceau, quand celui-ci laisse de petits espaces non-peints dans son tracé.
 
Ce jeu de vide et de plein dans les traits de pinceau ou entre les traits de pinceau, permet la présence du Souffle, autre notion fondamentale dans la peinture traditionnelle chinoise. Le Souffle est en quelque sorte l’essence de vie, qui se manifeste dans le tableau par le trait de pinceau et la relation du vide au non-vide. Ainsi l’explique M. Cheng : « C’est toutefois dans la peinture que le Vide se manifeste de la façon la plus visible et la plus complète. Dans certains tableaux des Sung et des Yuan, on constate que le Vide (espace non-peint) occupe jusqu’aux deux tiers de la toile. Devant de tels tableaux, même un spectateur innocent sent confusément que le Vide n’est pas une présence inerte et qu’il est parcouru par des souffles reliant le monde visible à un monde invisible ».
 
Voilà un de grands mystères de la peinture : comment faire ressentir ou faire voir l’invisible par le visible? Car peindre, c’est utiliser le visible, c’est donner à voir par des signes visuels. Mais c’est aussi donner à ressentir ce qui est au-delà du visible. Tout comme le poète utilise des mots, plus précisément la juxtaposition des mots pour créer une métaphore porteuse d’une émotion, ainsi le (ou la!) peintre utilise les signes visuels que sont le trait de pinceau, la couleur, la matière dans le même but, celui de recréer un univers capable de soulever une rêverie chez celui qui le regarde, et par là, de le transporter et le mettre en contact avec une autre dimension de lui-même.
 
 *François Cheng, Vide et plein, Le langage pictural chinois, Éditions du Seuil, Paris 1979, p.22
 
 
 

FÉVRIER

 



« Sur un papier de trois pieds carrés, la partie (visiblement) peinte n’en occupe que le tiers. Sur le reste du papier, il semble qu’il n’y ait point d’image; et pourtant, les images y ont une éminente existence. Ainsi le Vide n’est pas le rien. Le vide est tableau. » Wu Chang Shih.
 
Le Feng-Shui ayant ses origines dans la Chine ancienne, comme je vous parle ici d’art, et que je fais parfois des liens entre les deux, je vous propose un petit tour du côté de la peinture traditionnelle chinoise. Cette citation du peintre Wu Chang Shih (1843-1927), peut-être un peu énigmatique à vos yeux, me servira de porte d’entrée.
 
C’est au cours de mes études en peinture à Paris que j’ai été initiée au langage pictural chinois. J’y ai découvert non seulement une autre definition de l’art de peindre, mais aussi une conception de l’univers et une philosophie très différente de ce que je connaissais. La notion qui m’a le plus frappée par sa nouveauté, et par le fait qu’elle soit devenue incontournable une fois que j’en ai pris conscience, est la notion du Vide. Jeune canadienne découvrant avec gourmandise les richesses de la culture européenne, éloignée de mes racines qui me manquaient parfois sauvagement, cette mise en contact avec un art pictural millénaire et exotique m’a tout de suite parlé par son raffinement et son approche globale, intégrant vie et art dans une même philosophie, très proche de la nature.
 
Dans son propos, Chang Shih parle du rapport vide et plein d’un tableau, et du fait que le vide “n’est pas le rien.” En effet, à prime abord, surtout pour nous occidentaux, l’idée même du vide représente une notion plutôt négative, de manque, voire de goufre. Il en est tout autrement dans le langage pictural chinois où le Vide est un élement fondateur et essentiel de la peinture, d’une philosophie et d’un art de vivre, dont la définition et la pratique se sont élaborées organiquement au cours de nombreux siècles: vous comprendrez que mon introduction est très résumée!
 
Le vide dans le langage pictural chinois est à la fois potentiel et plénitude, il est l’état originel à partir duquel tout peut se faire et où tout retourne. En peinture, il est l’élément essentiel qui précède et régit toute création. Il permet la circulation du souffle, et des énergies; il dynamise le tableau par l’alternance des vides et des pleins.
 
Nous utilisons bien sur le vide en dessin et peinture occidentale, et nous le nommons « espace négatif » C’est par exemple, l’espace entre les barreaux d’une chaise, entre les branches d’un arbre, entre deux taches de couleur. Dans notre esprit, il n’y a rien : c’est vide! Mais quand on apprend à dessiner et peindre, on apprend à observer cet espace dit négatif (comme les négatifs en photo non numérique), qui nous est précieux pour saisir les proportions des objets. C’est alors qu’on réalise que cet espace est dynamique, agissant : il est aussi important que la forme dessinée, et c’est l’ensemble des deux qui composera le dessin sur l’espace de la feuille.
 
Comment s’exprime-t-il en peinture traditionnelle chinoise? De plusieurs façons, et d’abord par le vide que le peintre fait en lui avant même de commencer à peindre. Un vrai peintre ne saurait se poser devant sa table de travail l’esprit encombré! Ensuite, comme le précise Chang Shih, par le blanc du papier, celui de la feuille vierge avant que le peintre introduise, par son premier coup de pinceau, un nouvel ordre des choses. Par ce fait même, le vide fait partie de la composition, opérant une sorte de jeu de cache-cache avec les pleins que sont les taches de peinture. Il s’exprime donc par tous les espaces non peints, que ce soit entre les coups de pinceaux ou dans les traces de pinceaux, ces petits espaces vides que laisse le pinceau quand il est un peu sec.
 
Ainsi les parties non peintes sont agissantes et donnent existences aux images, qui ont une « éminente existence ». Cette existence est celle de l’imaginaire et du rêve cher à la pensée chinoise, qui est tout l’art de la contemplation. Et il ne peut se manifester qu’avec la présence du Vide, voilà pourquoi Chang Shih dit qu’ « il est tableau ».
 

 
JANVIER
 
 
 
Janvier, et nous voilà devant une année toute neuve, une page blanche ou rien n’est encore écrit.
Face à cette grande page blanche, je suis debout.
 
Derrière moi : 2010, bien remplie, couverte d’une écriture parfois serrée, parfois dansante, plusieurs paragraphes, quelques ratures, et un ou deux poèmes.
 
Entre les deux, un moment de gratitude : celui pour les cadeaux reçus.
 
Gratitude d’abord envers M. Tan, qui m’a initiée à l’art du Feng-Shui. En tant que maître de Feng-Shui, M. Tan a contribué à faire de ma maison un espace ou il fait bon vivre. Chaque personne qui entre chez moi me fait spontanément ce même compliment : l’énergie est bonne chez vous. Et nous en bénéficions à tous les jours. Gratitude également pour sa confiance et sa générosité : celle de m’inviter sur cette page et de me compter parmi ses collaborateurs.
 
Je chemine donc sur ces pages avec attention et reconnaissance comme je le fais dans mon travail et dans ma vie, sous le regard de mes lecteurs que je remercie de m’accompagner.
 
Et devant ma grande page blanche, intitulée 2011, que se passe-t-il? Rien pour l’instant : je la regarde et j’inspire, rassemblant mes intentions. Ce grand vide est celui qui précède toute création. Il est stimulant, excitant, invitant : qu’est-ce que je veux créer?
 
Avec vous, dans les pages de ce bulletin, je propose une réflexion et une discussion. Je vous entretiendrai au sujet de l’art, celui du Feng-shui et de la peinture, des fondements de chacun, du pourquoi et du comment de chacun, des liens que l’on peut faire entre eux, de la relation de l’art et de l’être humain. Ceci à partir de mon expérience et de mon point de vue, aussi ouvert et approfondi que possible, celui d’une artiste engagée dans une pratique picturale, non d’une théoricienne ou historienne de l’art. C’est pourquoi je me permettrai d’avancer mes idées, commentaires et questions, jamais fixes et toujours en ébullition, en souhaitant provoquer chez vous une réflexion, engager un dialogue non seulement avec moi mais aussi avec vous-mêmes sur le rôle de l’art dans nos vies, rôle que je considère primordial.
 
Au seuil de 2011, je vous souhaite une année prolifique de créations épanouissantes, et le plaisir de les partager avec ceux qui vous entourent. Bonne et Heureuse Année !
 
 

 
DÉCEMBRE

Image : Ombres rousses

 

Aller à la rencontre d’oeuvres d’art, c’est aussi aller à la rencontre de soi-même. Si on prend le temps de regarder, de se laisser toucher, un dialogue s’instaure entre l’œuvre et nous à partir d’un ressenti, d’une réflexion.

Ce dialogue se fait dans un lieu particulier, et c’est ce lieu que nous allons considérer aujourd’hui. Reculez d’un pas, élargissez votre perspective et considérez maintenant l’espace où est accrochée l’œuvre.

Que ce soit chez vous, dans la demeure d’un collectionneur, une galerie ou un musée, l’œuvre d’art est posée dans un espace et cela constitue un ensemble qui est dynamique, car l’espace agit sur l’œuvre et vice versa. C’est un tout, où les pleins ( œuvres), et les vides ( espaces entre les œuvres) sont composés de façon à produire une impression, à favoriser la lecture et la compréhension de l’œuvre ou d’un ensemble d’œuvres.

Vous avez sans doute remarqué que la plupart des galeries d’art contemporain sont souvent des espaces d’une grande sobriété, où l’aménagement a été fait avec précision, accordant aux œuvres tout l’espace dont elles ont besoin pour « respirer ». Ce vide entre les œuvres n’est pas une notion négative comme nous l’entendons normalement. C’est une espace actif, qui par sa non-présence, donne aux oeuvres accrochées toute leur dimension et leur pouvoir d’expression.

Par l’organisation de l’espace en une série de vides et de pleins, se définit une volonté de donner un rythme à l’espace, car ce contraste ou plutôt cette complémentarité crée un parcours pour le regard. Par exemple, un accrochage peut figurer un seul grand tableau, très pur de lignes, de formes ou de couleurs, très minimaliste dans son propos, avec en contraste un autre mur où sont regroupées plusieurs petites œuvres, ou encore, 3 autres murs sans rien du tout. C’est un ensemble créé spécifiquement pour agir de façon dynamique sur le regard et la perception des oeuvres.

Voilà un point très important, qui est tout à fait dans l’esprit du Feng-Shui. Lors de votre prochaine visite dans un lieu d’exposition, amusez-vous à observer non seulement la disposition des œuvres, mais aussi l’aménagement de tout l’espace.

Quelle impression cela vous fait-il?

Est-ce invitant, provoquant, intriguant?

Comment l’énergie circule-t-elle entre les œuvres, quel lien voyez-vous entre elles?

Demandez-vous si vous auriez fait de même, et sinon, qu’ auriez-vous fait de différent?Imaginez le résultat.

D’un lieu à l’autre, comparez l’accrochage et l’espace, et voyez ce que cela vous fait ressentir, quelles réflexions vous viennent à l’esprit considérant cet ensemble. Je vous souhaite une excellente visite.

 


NOVEMBRE
 
Un arbre, Le soir
de Louise Jalbert
 
 
 
 
Le mois dernier, je vous conviais à fréquenter musées et galeries, et ce, même si vous n’avez jamais été initié à l’art. Bien sur, plus on apprend, et plus notre appréciation de l’art peut s’approfondir. Mais pour commencer, il suffit d’un peu de disponibilité et d’ouverture, afin de pénétrer sur ce territoire inconnu.
 
Vous vous demandez peut-être aussi, dans un monde surchargé d’images et d’information : « Qu’est-ce qu’une peinture, un dessin, une oeuvre d’art peuvent bien nous apporter encore? » Je crois qu’ils nous apportent un moment privilégié avec nous-mêmes, un espace temps pour se poser et se laisser toucher. C’est à un rendez-vous avec nous-mêmes que l’oeuvre d’art nous convie.
 
Dans la dernière revue du Musée des Beaux-Arts de Montréal, paraissait une entrevue avec Bernard Voyer, réalisée par Danielle Roberge. M. Voyer est un explorateur et un alpiniste accompli, comptant plus de 30 années d’expérience, ainsi qu’un conférencier passionnant. N’hésitez pas à visiter son site web : www.bernard-voyer.com, afin de prendre connaissance de son parcours inspirant et exceptionnnel. Au cours de cette entrevue, M. Voyer parle de sa relation avec l’art et avec le Musée; il souligne avec justesse le fait que celui-ci est accessible à tous par la gratuité en tout temps de sa collection permanente.
 
Je cite ici M. Voyer : « L’institution nous accorde cette rare liberté de choisir : décider d’entrer ou non, au hasard d’une promenade. C’est un élément primordial dans le rapport que j’ai à l’art. Le musée est un lieu de souvenirs de ce qu’on est comme être humain, un lieu émotif. En ce sens, y entrer est un engagement avec soi, c’est le premier pas volontaire et essentiel pour y vivre quelque chose. Je peux y rester des heures ou seulement quelques minutes, je peux y voir une multitude d’œuvres, ou juger que celle devant laquelle je me suis arrêté me comble, tout en me posant suffisamment de questions pour ressortir en ayant le sentiment ferme d’avoir vécu là une expérience. »*
 
Vous aussi, vous pouvez entrer au Musée ou dans une galerie avec ce magnifique esprit d’aventure et d’exploration. Je vous invite à parcourir les salles avec votre regard, à votre rythme, sans idée préconçue. Vous verrez que les oeuvres exposées vous parlent chacune différemment, et que certaines, selon les jours, selon votre état d’esprit, retiendront davantage votre attention. Émotion, réflexion, retour à nous-mêmes, témoignage de notre parcours humain : voilà les richesses que l’art nous apporte quand nous allons à sa rencontre.
 
 * ROBERGE, Danielle, « Bernard Voyer, O.C., C.Q., Explorateur et alpiniste », in REVUE DU MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL, septembre à décembre 2010, p.18
 
 
 

 
 
OCTOBRE
 
Branches illuminées, le soir
de Louise Jalbert
 
 
 
 
Quand viennent les jours plus sombres et froids de l’automne, il est tellement réconfortant d’avoir un intérieur ou l’on se sent bien!Confortable, bien sur, mais aussi accueillant, réconfortant.
 
Si vous avez intégré à votre décor les éléments du Feng-Shui, vous en bénéficierez durant toute la saison froide, par le bien-être que vous ressentirez chez vous. Vous pouvez également apporter de l’énergie dans votre maison avec la présence de tableaux. Un tableau, c’est bien plus qu’une image ou une reproduction, c’est vivant, cela apporte une vraie émotion, une présence, une matière à rêverie.
 
Si vous ne l’avez jamais fait, je vous invite à visiter des galeries, des ateliers d’artistes ou encore une exposition au musée. Regardez le journal de votre région ou de votre ville, et préparez-vous un parcours. C’est une merveilleuse façon de profiter des beaux jours d’automne, et de s’initier à un univers qui vous enrichira.
 
Si vous hésitez à le faire seul(e), invitez des amis à vous joindre, ou encore joignez vous à une visite guidée dans un musée. Vous pouvez également me contacter, il me fera plaisir de vous accompagner. Ne croyez pas qu’il soit nécessaire de tout connaître ou même de tout comprendre pour s’initier à l’art. Il suffit d’un peu d’ouverture d’esprit, et de curiosité. Aller à la rencontre d’œuvres, c’est comme aller en voyage dans un nouveau pays : on y va avec l’envie de découvrir, d’explorer, laissant derrière soi les préjugés, avec comme seul bagage notre sens de l’observation et notre sensibilité. Voilà la meilleure façon. On découvre alors de nouvelles façons de voir, de ressentir la vie. Laisser vous toucher par les tableaux que vous regardez, laissez-vous intriguer.
 
Certains vous séduiront, d’autres vous laisseront perplexes. C’est normal, vous êtes en territoire inconnu. N’hésitez pas à poser des questions aux artistes ou au personnel des galeries, qui se feront un plaisir de partager avec vous leur passion. C’est ainsi qu’ont commencé tous les grands collectionneurs, et leurs connaissances se sont développées à force de regarder, de s’informer et de fréquenter les lieux ou les artistes exposent.
 
Un jour, si ce n’est déjà fait, vous aurez un coup de cœur pour un tableau qui viendra illuminer votre intérieur et partager votre quotidien. Et ce tableau, bien plus qu’un reproduction ou un objet décoratif fait en série, vous apportera une émotion, voire une présence, qui deviendra partie intégrante non seulement de votre demeure, mais de votre vie.
 
 
 
 

 
SEPTEMBRE
 
 
 
 
En cette fin d’été, qui est si beau, quel plaisir que de s’asseoir un moment dans un jardin et de contempler la beauté de la nature! C’est banal, et pourtant, c’est le bonheur à portée de la main, à cueillir comme un fruit mûr.
 
Beaucoup de gens pensent que ces moments là sont un luxe, et qu’ils ne sont pas la « vraie vie ». Mais au contraire, ce sont des moments essentiels pour garder le nord, et plus simplement, ce sont des moments de bonheur pur. Nous vivons à une époque extraordinaire de changements, tant au point de vue technologique, matériel qu’humains.
 
C’est palpitant, mais aussi très exigeant; nous sommes constamment bousculés par ces changements, qui provoquent bien des remises en question. Ayant sans cesse à nous redéfinir, à faire face à de nouveaux défis, la question qui monte est toujours : « Qui suis-je? »et « Qu’est-ce que je veux? » Afin de répondre à ces questions fondamentales, il est essentiel de savoir comment renouer avec qui l’on est vraiment. Et de se mettre en situation de le faire.
 
Un des aspects du métier de peintre qui m’a toujours fascinée, c’est son aspect révélateur. Le geste, le choix de couleur, le trait de crayon, ne sont pas les mêmes d’une année à l’autre, et d’un individu à l’autre. C’est un peu comme notre signature, toujours la même et pourtant jamais tout à fait pareille (essayez, vous verrez); elle est unique à chacun de nous, et même à chacune des étapes de notre vie.
 
Pourquoi? Parce que cela vient du fond de nous-même, et que c’est fait sans trop de réflexion, de façon spontanée. L’acte de peindre nous rebranche à nous-mêmes et à ce que nous sommes véritablement, à ce moment là. Et puis, comme faire de la peinture exige une certaine concentration, cela oblige à rester ancré dans le moment présent.
 
Et voilà le cadeau : celui d’être entièrement disponible à cet instant, de s’y donner tout entier, et de le voir prendre forme sous ses yeux! « Tiens, aujourd’hui, j’ai fait du bleu! » « J’ai eu envie de peindre un paysage » Cela nous fait ressentir une joie innée, toujours prête à jaillir si on lui donne l’occasion, mais trop souvent oubliée dans notre vie de tous les jours. Aborder la peinture avec un cœur d’enfant, se laisser séduire par la couleur ou le trait de pinceau peut être un exercice joyeux, libérateur. Et bien souvent révélateur!
 
C’est une communication ave le monde et avec nous-mêmes. Car c’est dans cet espace que nous sommes authentiques, et ce moment peut alors devenir une lumière pour le reste.


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